Je vous adresse ces mots à un moment où le monde est traversé par une profonde crise de confiance — entre les individus, entre les peuples, et jusque dans les principes fondateurs sur lesquels repose la coexistence pacifique. L’Assemblée générale du CLIPSAS, qui se tiendra à Sofia en mai 2026, se déroulera non seulement dans une ville chargée d’histoire, mais aussi à un moment d’une importance historique particulière. Je tiens à exprimer ma gratitude fraternelle envers le Grand Orient de Bulgarie, qui assume la responsabilité d’accueillir ce forum de la conscience et de la raison.
Aujourd’hui, la guerre s’impose de nouveau comme instrument politique, la peur comme outil de gouvernance, et la différence comme prétexte à la menace. Face à cette logique de division, la maçonnerie libérale oppose une autre vision du monde : une vision fondée sur la liberté de conscience, sur la dignité universelle de l’être humain, et sur la conviction que le dialogue est plus puissant que la violence, et la fraternité plus durable que toute idéologie de la haine.
Le CLIPSAS repose sur l’idée que la fraternité doit transcender les frontières, les cultures et les croyances. Cette conviction est aujourd’hui plus que jamais d’actualité. Lorsque la peur est instrumentalisée pour fracturer les sociétés, lorsque l’intolérance est présentée comme une vertu et la violence comme une nécessité, la maçonnerie libérale se doit de prendre la parole avec clarté et conviction sur le plan moral. Nous affirmons que la diversité est une source de richesse, que les droits humains sont universels et qu’une paix durable est impossible sans justice.
La maçonnerie libérale est une école de vertu civique. Dans nos loges, nous apprenons à penser de manière critique, à débattre sans nous déchirer, et à rechercher le bien commun au-delà des frontières nationales, culturelles et religieuses. Dans un monde où la politique perd de plus en plus le sens de la morale, il est de notre devoir de rappeler que sans éthique, il n’est pas de paix durable — et sans fraternité, pas de liberté véritable.
L’Assemblée générale de Sofia nous invite à renouveler notre engagement mutuel et envers le monde dans lequel nous vivons. Elle nous appelle à renforcer la coopération entre nos obédiences, à être plus présents dans l’espace civique, et à défendre la paix, la démocratie et la dignité humaine. Affirmons depuis Sofia que la maçonnerie libérale est une force d’unité dans un monde fragmenté.
Soyons clairs : la paix n’est pas passive. Elle se construit par un effort constant, un dialogue ancré dans des principes et une solidarité active entre les peuples. La fraternité n’est pas un sentiment — c’est une responsabilité. Et sans responsabilité, la liberté ne saurait être stable.
Je suis convaincu que nous, Frères et Sœurs des quatre coins du monde, pouvons contribuer ensemble à bâtir un avenir où la coopération l’emportera sur le conflit, où la raison vaincra la peur, et où l’humanité se rapprochera des idéaux que nous professons. Construisons des ponts là où d’autres élèvent des murs. Veillons à ce que la fraternité demeure un principe fondamental de la cohabitation humaine. Défendons la paix non comme une abstraction, mais comme un effort quotidien et lucide.
C’est notre choix. C’est notre responsabilité. C’est notre devoir de maçons.
Mes salutations fraternelles, pour toujours.
À bientôt à Sofia, Bulgarie.
Luis Daly
Président du CLIPSAS
